En février 2024, l’agence casablancaise Xerus Group a présenté Radia Bensouda, une influenceuse entièrement générée par intelligence artificielle, présentée comme la première du genre au Maroc. Le titre est disputé : Kenza Layli, créée fin décembre 2023 par Meriam Bessa (L’Atelier Digital), revendique la même antériorité et a depuis pris une longueur d’avance mesurable — 200 000 abonnés sur Instagram et le titre de “Miss AI” mondiale décerné en juillet 2024 aux Fanvue World AI Creator Awards, parmi 1 500 candidates internationales. Au-delà de la question de la primauté, ce que ces deux profils montrent est réel : le marketing d’influence marocain intègre désormais des créatrices qui n’existent pas physiquement, avec un succès d’audience déjà démontré.
- Radia Bensouda (Xerus Group, Casablanca, février 2024) est l’une des deux premières influenceuses virtuelles marocaines, aux côtés de Kenza Layli — les deux revendiquent le titre de “première”.
- Le marketing d’influence marocain reste dominé, en volume de recherche, par l’intérêt du public pour suivre des créateurs (consommateur) plutôt que par la recherche d’agences spécialisées (B2B) — les deux intentions ne doivent pas être confondues dans une stratégie de contenu.
- Les chiffres souvent cités sur l’écart d’engagement entre micro et macro-influenceurs, ou sur le gain d’engagement du contenu multilingue en darija, n’ont pas pu être vérifiés à une source primaire fiable et ne sont donc pas repris ici comme des faits établis.
- Le darija reste la langue de proximité pour le contenu marocain, mais aucune donnée chiffrée indépendante ne mesure précisément son avantage d’engagement par rapport au français.
1. Radia Bensouda et les influenceuses virtuelles marocaines
Radia Bensouda a été présentée par Xerus Group le 2 février 2024, une agence de communication basée à Casablanca. Le profil se présente sur Instagram avec un contenu ancré dans l’identité marocaine — caftans traditionnels, soutien à l’équipe nationale, recettes marocaines — plutôt qu’un avatar générique. L’agence la positionne explicitement comme un pont entre les marques et le public pour des collaborations commerciales. Un second profil marocain, Kenza Layli, revendique une antériorité comparable, ce qui suggère que plusieurs agences marocaines testent ce format en parallèle plutôt qu’un cas isolé.
2. Pourquoi le darija compte pour le contenu marocain
Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2024 du Haut-Commissariat au Plan (HCP), 91,9% de la population marocaine parle le darija — la mesure officielle la plus récente et la plus fiable de son poids réel, loin devant les estimations plus anciennes et moins précises qui circulaient jusque-là. Les recherches Google liées aux influenceurs marocains (via l’autocomplétion Google, testée en français et en arabe) montrent un volume important pour “influenceuse marocaine” et ses variantes par plateforme (Instagram, TikTok), mais restent majoritairement orientées vers la découverte de créateurs par le grand public plutôt que vers la recherche de prestataires B2B — un signal qu’un contenu de marque doit tenir compte de cette différence d’intention avant de choisir son angle et sa langue.
| Élément | Ce qu’on sait / ce qu’on ne sait pas |
|---|---|
| Radia Bensouda / Kenza Layli | Réelles, créées par des agences marocaines fin 2023/début 2024 ; Kenza Layli compte 200 000 abonnés et a remporté “Miss AI” mondiale en 2024 — vérifié |
| Part de la population parlant darija | 91,9% selon le recensement HCP 2024 — vérifié, source officielle |
| Écart d’engagement micro vs macro-influenceurs | Chiffres largement recyclés sans source primaire unique retrouvée — non vérifié |
| Gain d’engagement du contenu multilingue darija | Chiffre “3,7×” largement cité sans étude source identifiable — non vérifié |
| Volume de recherche “influenceur Maroc” | Réel et important, mais dominé par l’intention consommateur, pas B2B |
3. Comment intégrer l’IA dans une stratégie d’influence
Pour une marque marocaine qui explore ce terrain, dans l’ordre :
- Utiliser l’IA générative pour produire des variantes de contenu en français, arabe et darija à partir d’un brief unique, plutôt que de rédiger chaque version séparément.
- Tester un partenariat avec un profil virtuel comme Radia Bensouda pour une campagne ponctuelle avant d’envisager un investissement long terme dans ce format.
- Prioriser les micro-créateurs humains pour l’authenticité perçue par le public marocain, en l’absence de données chiffrées fiables pour trancher objectivement entre micro et macro-influence localement.
- Mesurer l’engagement réel de chaque campagne sur son propre compte plutôt que de se fier à des moyennes globales non vérifiées.
Cette approche s’appuie sur les mêmes outils que l’automatisation marketing au Maroc et que le choix entre agent IA et chatbot pour le marketing. La formation aux outils IA génératifs reste un prérequis pour produire ce contenu multilingue en interne, dans le même contexte national que celui décrit dans Maroc Digital 2030, et une marque peut se faire accompagner via notre offre de stratégie digitale.
Ce que les données ne montrent pas
Les statistiques d’écart d’engagement entre micro et macro-influenceurs (souvent citées autour de 3 à 5% contre 1 à 2%) et celles sur le gain d’engagement du contenu multilingue en darija circulent largement dans le contenu marketing, y compris marocain, sans qu’aucune étude primaire avec méthodologie et échantillon vérifiables n’ait pu être identifiée. Elles ne sont donc délibérément pas reprises ici comme des faits chiffrés. C’est une vraie zone d’ombre pour quiconque veut budgétiser une stratégie d’influence marocaine sur des bases de données solides plutôt que sur des chiffres recyclés.
Questions Fréquentes
Radia Bensouda est-elle vraiment la première influenceuse virtuelle du Maroc ?
C’est ce que revendique Xerus Group, son agence créatrice, mais Kenza Layli, créée quelques semaines plus tôt fin décembre 2023, revendique la même antériorité et a depuis gagné le titre de “Miss AI” mondiale — le titre de “première” reste disputé entre les deux.
Le darija génère-t-il vraiment plus d’engagement que le français sur les réseaux sociaux marocains ?
C’est plausible étant donné son statut de langue du quotidien, mais aucune étude chiffrée indépendante et vérifiable n’a été identifiée pour confirmer un écart précis — les chiffres qui circulent ne sont pas suffisamment sourcés pour être présentés comme des faits.
Une PME marocaine doit-elle utiliser une influenceuse virtuelle plutôt qu’un créateur humain ?
Ça dépend de l’objectif : une influenceuse virtuelle offre un contrôle total sur le message et l’image, un créateur humain offre une authenticité perçue difficile à répliquer artificiellement — les deux approches coexistent plutôt qu’elles ne s’excluent.